La femme mystérieuse

Cette étrangère savait entretenir le mystère.
Il la rencontra par hasard, un certain jour
Où il avait quelque peu de vague à l'âme ;
Elle l'emmena dans une superbe demeure,
Où tout lui sembla étrangement silencieux.
Elle était belle, profonde comme la nuit,
Lui, il était subjugué par son désir d'elle
Qui lui semblait tellement démesuré.
Le souffle de sa voix rauque, son accent prononcé,
Agissaient sur lui comme autant de caresses ;
Il promenait délicatement ses larges mains
Tout le long de son corps souple de tigresse,
Ne songeant plus qu'à ce désir obsédant,
À un besoin raffiné, mais irrépressible, de sexe ;
Des mots presque obscènes lui vinrent aux lèvres
Pour qu'elle sût qu'il la désirait excessivement.
Mais elle lui souriait, ne s'étonnant guère
Qu'il eût une telle faim de la posséder ;
Elle écarta sans hâte les pans de son corsage,
Et dirigea, émue, ses mains, sur ses seins lourds,
Puis ses doux yeux de biche se firent suppliants ;
Elle lui ordonna de la prendre sauvagement,
Sans tendresse, comme une fille de mauvaise vie.

Anne Brunelle

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