En ce temps-là, monsieur,
C'était encore le vieux temps,
La télé n'en était qu'à ses balbutiements,
Et bien sûr Internet n'existait pas ;
Pourtant, monsieur, je vous assure
Que l'on s'amusait bien en ce temps-là ;
On jouait aux boules, à la belote,
Aux dames et aux petits-chevaux,
On écoutait à la radio Reine d'un jour,
Le crochet et aussi Quitte ou double.
Même qu'on guinchait le samedi soir
Dans nos modestes bals populaires ;
Parfois, on se défoulait gentiment
Dans les kermesses et dans les vogues,
Où l'on s'achetait de bons chocolats,
Sans oublier la barbe à papa ;
Après la messe, les dimanches,
On allait courtiser les filles,
Elles étaient bien douces et gentilles,
On cherchait à les embrasser
Pour se distraire de ses misères ;
En ce temps-là, monsieur,
Je sais bien que c'était le bon temps,
Puisque c'était celui de nos vingt ans.